Fuite de liquide de refroidissement sur 206 1.4 HDI – Mon garagiste « botte en touche ».
Pendant 20 ans, ma Peugeot 206 n’avait pas perdu une seule goutte de liquide de refroidissent. Il y a, à peu près un an et demi, changement de musique; perte conséquente tout à coup! Fuite au niveau d’une pastille de dessablage. Je fais réparer le problème par mon garagiste en lui demandant, dans la foulée, de remplacer la courroie de distribution (courroie, galets et pompe à eau). Le kit avait déjà été changé une première fois par le garage Peugeot. C’était il y a 15 ans et le véhicule avait fait 110 000 km depuis ce premier changement de courroie. Périodicité d’entretien: tous les 240 000 km ou 180 000 km en usage intensif ou tous les 10 ans. Tout va bien pendant un an et demi. Puis subitement ( après 1 an et demi), nouvelle fuite de LDR (liquide de refroidissement) avec obligation de rajouter du liquide de refroidissement de temps en temps.

J’inspecte mon véhicule au niveau essentiellement des durites, mais je ne trouve rien de ce côté là. Je constate finalement une fuite sur le côté droit du moteur, côté distribution. Et je soupçonne immédiatement la pompe à eau. Je suis surpris de cette découverte car le véhicule n’avait pas roulé 5000 km depuis le dernier remplacement de la pompe à eau. Pour m’en assurer, je cale le côté droit, j’enlève la roue et le garde-boue. Je mets le moteur en route et au bout d’environ un quart d’heure je constate un goutte à goutte de LDR au niveau du carter inférieur de distribution. Ayant l’occasion de passer chez Feu vert pour m’acheter balais d’essuie-glace et autres bricoles, j’en profite pour demander quel serait le coût d’un remplacement de pompe à eau. Indiquant que j’avais fait changer le kit de distribution un an et demi plus tôt, le technicien me conseille d’aller voir mon garagiste et me dit que je peux bénéficier d’une garantie pièce. En effet, toutes les marchandises vendues par un professionnel à un particulier bénéficie d’une garantie légale de 2 ans.
Je décide donc de retourner voir mon garagiste pour lui signaler cette fuite en lui indiquant (facture à l’appui) qu’il avait effectué le changement du kit de distribution 1 an et 1/2 auparavant. Il me rétorque que les réparations ne sont garanties qu’un an. Il ne semble pas vouloir tenir compte de la garantie légale de 2 ans sur les marchandises « et sur les défauts de la chose vendue au sens des articles 1641 et suivant du code civil ». Quoi qu’il en soit, je lui demande s’il peut faire un diagnostic pour savoir réellement d’où vient la fuite. Rendez-vous est donc pris pour ce diagnostic. Je lui laisse le véhicule une journée entière. Lorsque je retourne au garage en fin de journée, le garagiste me dit qu’il n’a pas constaté de fuite de liquide de refroidissement ayant mis le circuit sous une pression de 1 bar pendant plus de 2 heures. J’ai vraiment eu le sentiment que le garagiste « bottait en touche ». J’avais pu moi-même constaté la panne alors que je ne suis pas professionnel. J’avais le sentiment que le garagiste se défaussait. Quand je lui ai reparlé de la pompe à eau, il m’a certifiée que la fuite que j’avais constatée ne provenait pas de la pompe à eau.
De retour à mon domicile, je décide dès le lendemain de rechercher plus précisément la cause de cette fuite et surtout pour m’assurer qu’elle provient ou non de la pompe à eau. Pour cela, il faut démonter le carter inférieur de protection de la courroie de distribution. Je dépose donc la courroie d’accessoires, la poulie de vilebrequin (poulie damper) et enfin les deux carters de courroie de distribution. A ce moment là, on peut facilement visualiser la pompe. Et premier constat, des traces de coulure apparaissent à la verticale de la poulie de pompe à eau. Je remonte alors la poulie damper et la courroie d’accessoires pour pouvoir mettre le moteur en route. Je mets le moteur en route et au bout d’un quart d’heure lorsque la température atteint environ 70°, je vois perler des gouttes de liquide de refroidissement sous la pompe à eau. Apparemment, la fuite ne provient pas du joint statique du bloc moteur mais du joint SPI de la pompe. Fort de ce constat, j’aurais pu retourner voir mon garagiste pour lui indiquer que le problème venait bien de la pompe à eau (avec photo à l’appui le cas échéant) et en lui expliquant ce que j’avais fait pour constater un défaut de la pompe à eau. Il aurait pu consentir au remplacement de la pompe (et prendre la pièce sous garantie) tout en facturant la main d’œuvre et en se faisant échanger la pièce défectueuse par son fournisseur. Mais désabusé de son attitude, je décide de ne plus retourner le voir et d’effectuer moi-même le remplacement de la pompe à eau.

Pour commencer, n’ayant jamais auparavant effectué une telle opération, je me procure la RTA (Revue Technique Automobile) de la Peugeot 206 Essence/diesel depuis 04/2003 (40,00 € chez Amazon). Et en m’aidant également des nombreuses vidéos sur Youtube, je démonte la courroie de distribution (avec calage préalable des poulies de vilebrequin et d’arbre à cames comme indiqué dans la revue). En parallèle, je commande également la pompe sur Amazon (43,40 € – VALEO réf 506714) et procède à son remplacement, au remontage de la courroie de distribution et en finissant par le remplissage de liquide de refroidissement et la purge du circuit.
Question: Est-il vraiment utile et indispensable de changer la pompe à eau quand on fait une distribution ?
En examinant la facture de remplacement du kit de distribution de mon garagiste faite un an et demi auparavant, je m’aperçois que le Kit m’a été facturé 323,68 € TTC il y a 1 an 1/2. Les prix moyens généralement pratiqués chez les principaux fournisseurs: Oscaro, MisterAuto, Autodoc, PiecesAuto24 ne dépassent pas souvent les 100,00 € TTC. Les prix affichés s’échelonnent tout de même entre 50,00 € TTC et 470,00 € TTC; écart tout à fait surprenant et incompréhensible ?
ASTUCE: Pour remonter la courroie de distribution, j’ai découvert une petite astuce que je n’ai vu indiquée nulle part, ni sur la RTA, ni sur les nombreuses vidéos de Youtube que j’ai visionnées. En effet, pour remonter la courroie, il faut en premier lieu la faire passer sur la poulie de vilebrequin, la maintenir en place d’une main et ensuite la faire passer derrière le galet enrouleur et la faire remonter sur la poulie d’arbre à cames avec l’autre main. Certaines vidéo indiquent qu’il est plus facile d’effectuer l’opération à deux. Une première personne qui maintient la courroie sur la poulie de vilebrequin et une deuxième personne qui fait cheminer la courroie sur les deux autres poulies, le galet enrouleur et le galet tendeur. Personnellement, j’ai mis en place la courroie sur la poulie de vilebrequin et je l’ai tout de suite maintenue en replaçant immédiatement la cale anti-décalage. Ainsi la courroie était maintenue par la cale et je disposais de mes deux mains pour faire serpenter la courroie à son emplacement. La cale anti-décalage constitue une sécurité qui empêche la courroie de se décaler d’une ou plusieurs dents en cas d’efforts brusques ou lorsque la courroie commence à s’user. C’est une pièce en plastique en arrondi qui se positionne à environ 1 mm de la courroie et en vis à vis de la poulie de vilebrequin pour empêcher la courroie de s’écarter de la poulie de vilebrequin et donc de se décaler. La RTA indique le remontage de cette pièce après avoir installé la courroie et après avoir effectué la tension de la courroie à l’aide du galet tendeur. J’ai donc fait une petite entorse à la procédure de remontage indiquée par le constructeur sans que cela pose, à mon avis, un inconvénient majeur. La cale anti-décalage m’a servi, en quelque sorte, de troisième main.